Auteur majeur de la photographie du 20e siècle, Irving Penn a réalisé à partir des années 1950, une œuvre qui a marqué l’univers de la mode ainsi que les genres du portrait et de la nature morte. Sa relation privilégiée avec la MEP, ainsi que la générosité de la Fondation Irving Penn, ont permis de constituer un des plus importants ensembles de la collection de photographies.
  • Irving Penn, Rochas Mermaid Dress (Lisa Fonssagrives-Penn), Paris, 1950
    Tirage au platine, 63 x 56 cm
    Acquis en 1992 © Condé Nast
  • Irving Penn, Red-Lacquered Lid, New York, 1994
    Tirage à destruction de colorants (Cibachrome), 60,6 x 55,2 cm
    Partial gift of The Irving Penn Foundation in 2020 © The Irving Penn Foundation
  • Irving Penn, Marchande de ballons, Paris, 1950
    Tirage au platine-palladium, 54,6 x 46 cm
    Partial gift of The Irving Penn Foundation in 2020 © Condé Nast
  • Irving Penn, Cuzco Children, 1948
    Tirage gélatino-argentique, 49,5 x 51,8 cm
    Partial gift of The Irving Penn Foundation in 2020 © Condé Nast
  • Irving Penn, Cigarette n°37, New York, 1972
    Quatre tirages au platine, 158 x 120 cm
    Acquis en 1992 © The Irving Penn Foundation
  • Irving Penn, Saul Steinberg in Nose Mask, New York, 1966
    Tirage gélatino-argentique viré au sélénium, 39,5 x 39 cm
    Acquis en 1992 © Condé Nast
  • Irving Penn, Marcel Duchamp, New York, 1948
    Tirage gélatino-argentique viré au sélénium, 25 x 19,5 cm
    Acquis en 1992 © The Irving Penn Foundation

“Une bonne photographie est celle qui communique un fait, touche le cœur du spectateur et le transforme. En un mot, c’est une photographie efficace”.

— Irving Penn

Dans les collections

Irving Penn est l’une des figures tutélaires autour desquelles s’est construite la collection de photographies de la MEP. Très proche de l’institution dès sa création dans les années 1990, Penn lui a accordé sa confiance tout au long de sa vie et a encouragé la constitution d’un ensemble unique.

Aujourd’hui composé de 109 œuvres, celui-ci retrace la totalité des travaux du photographe, de 1939 à 2007.

Toutes les séries de Penn y sont représentées : des premières photographies réalisées dans les rues de New York ou dans le sud des États-Unis, aux « Petits Métiers », en passant par les portraits de personnalités du monde de l’art photographiées à New York ou en Europe, les portraits ethnographiques réalisés autour du monde, ou encore les photos de mode, dont celles de son épouse, le top model Lisa Fonssagrives.

L’on y trouve aussi ses recherches plus personnelles sur le nu, les cigarettes, les natures mortes, les séries Street Material, Underfood ou Wessel, révélatrices de l’exigence de Penn dans sa pratique artistique.

Tous ces tirages, effectués par Penn lui-même, témoignent de la rigueur et de l’attention accordée par l’artiste à la qualité technique de ses photographies. La plupart suivent le même protocole : une prise de vue en studio devant un ancien rideau de théâtre que Penn trouve à Paris en 1950. Beaucoup de ses tirages sont réalisés au platine-paladium, procédé que Penn utilise à partir de 1964 et qu’il maîtrise à la perfection.

Le fonds Penn de la MEP a été progressivement complété en vue de former un ensemble représentatif de la carrière de l’artiste. En 1996, il fait don à la MEP de 14 tirages de la série The Bath (1967). En 2020, la Fondation Irving Penn effectue, par le biais d’une vente charitable, une donation de 46 tirages, qui viennent compléter les séries déjà présentes.

La MEP a présenté l’œuvre d’Irving Penn dans de multiples expositions et accrochages de sa collection, et lui a consacré entre 1997 et 2004, cinq expositions monographiques dont une importante rétrospective en 2000.

Biographie

Irving Penn est né en 1917 à Plainfield, dans le New Jersey.

Il apprend la photographie auprès d’Alexey Brodovitch dont il devient l’assistant et travaille avec lui pour le magazine Harper’s Bazaar. Engagé par Alexander Liberman, à Vogue, il signe sa première couverture en 1943, qui marque le début d’une collaboration de plus de 60 ans avec le titre.

Travaillant essentiellement en studio, Irving Penn s’attache dans ses œuvres à recréer un décor épuré, y compris lors de ses séjours en Europe et de ses voyages à travers le monde (Nouvelle-Guinée, Maroc, Pérou…).

Au début des années 70, s’éloignant de ses projets pour la presse, Penn effectue des recherches plus personnelles et réalise des natures mortes de mégots de cigarettes ou de déchets urbains qu’il sublime dans de somptueux tirages au platine palladium.

Il décède à New York en 2009.